Nouvelles arénas et affluence : le cercle vertueux du hockey suisse
La saison 2025/26 de National League confirme une tendance structurelle forte : l’augmentation significative de l’affluence dans les patinoires suisses. Avec une moyenne de 7 637 spectateurs par match, soit une progression de +25 % par rapport à la saison 2008/09, le hockey sur glace helvétique démontre sa capacité à renforcer durablement son attractivité.Cette évolution ne relève pas du hasard. Elle s’inscrit dans une stratégie combinée d’augmentation des capacités d’accueil et d’amélioration qualitative de l’expérience spectateur.Le premier levier est quantitatif : construire plus grand. Mais le véritable indicateur clé reste le taux de remplissage, passé de 76,1 % à 90,5 %.Le second levier est qualitatif : construire mieux. Les nouvelles arénas offrent confort, services et expérience enrichie.Les cas du HC Fribourg-Gottéron et du Lausanne HC illustrent cet effet : +53 % et +45 % de spectateurs depuis la construction de leur nouvelle patinoire, avec des taux de remplissage proches de 100 %.Ce cercle vertueux entre affluence, revenus et performance sportive démontre l’impact stratégique des équipements.En définitive, construire mieux permet durablement d’augmenter l’attractivité des clubs.
BCF Arena : l’effet nouveau stade comme levier de transformation économique
La mise en service de la BCF Arena à Fribourg en 2020 marque un tournant structurant pour le HC Fribourg-Gottéron. Au-delà d’un simple renouvellement d’infrastructure, le projet illustre parfaitement ce que les économistes du sport qualifient d’ « effet nouveau stade » : une transformation profonde du modèle économique d’un club, portée par l’amélioration de l’expérience spectateur et la diversification des revenus.
Décrochage sportif des adolescents : un enjeu stratégique pour les politiques sportives
Le décrochage sportif des jeunes constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour l’ensemble de l’écosystème sportif.Selon les données de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) en France, près d’un jeune sur quatre abandonne une pratique sportive régulière entre 14 et 18 ans. Ce constat invite à repenser en profondeur les modèles d’engagement proposés aux jeunes.Un décrochage précoce et structurelLa tranche d’âge 14-18 ans correspond à une période charnière. Les transformations personnelles, sociales et scolaires y sont particulièrement marquées.Le décrochage sportif ne s’explique pas uniquement par un manque de temps ou la concurrence des écrans. Il traduit une évolution du rapport au sport :- perte d’intérêt progressive - difficulté à s’inscrire dans la durée - décalage entre l’offre proposée et les attentes Ce phénomène est d’autant plus marqué chez les jeunes filles, dont le taux d’abandon est environ deux fois supérieur à celui des garçons.Une remise en question du modèle sportif traditionnelLes données montrent également qu’une part importante des jeunes ne perçoit plus le sport comme une finalité en soi. Près d’un sur deux considère que la pratique sportive isolée n’a pas de sens.Ce constat interroge directement le modèle historique, fondé sur, la competition, la performance et l’engagement à long terme Ces logiques ne correspondent plus nécessairement aux attentes d’une partie des adolescents, qui recherchent davantage du plaisir immédiat, du lien social, du sens et de la flexibilité Un enjeu pour l’ensemble de l’écosystèmeLe décrochage des jeunes ne concerne pas uniquement les clubs. Il impacte l’ensemble de la chaîne de valeur du sport :- fédérations - collectivités - acteurs privés - secteur éducatif À terme, il pose des questions structurantes sur le renouvellement des licenciés et le modèle économique des organisations. Il ne s’agit donc pas seulement d’un enjeu sportif, mais bien d’un enjeu de politique publique.Repenser les leviers d’engagementFace à ce constat, plusieurs pistes émergent pour recréer de l’engagement durable :- diversifier les formats de pratique (loisir, hybride, non compétitif) - adapter les offres aux contraintes scolaires - renforcer la dimension sociale et collective - intégrer davantage de flexibilité dans les parcours L’enjeu est de proposer des expériences adaptées aux modes de vie et aux attentes des adolescents. Dans un contexte de transformation des pratiques sportives, la capacité à maintenir l’engagement des jeunes constitue un enjeu clé.Au-delà de la performance sportive, il s’agit de préserver un lien durable entre les jeunes et la pratique physique, au service de la santé, du bien-être et de la cohésion sociale.
Le PRISME – JO Paris 2024 : une infrastructure modèle pour les politiques sportives inclusives locales ?
Le PRISME (Pôle de Référence Inclusif Sportif Métropolitain) constitue l’un des héritages structurants des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024.Avec environ 15 000 m² d’espaces sportifs accessibles aux publics valides comme aux personnes en situation de handicap, il regroupe des salles multisports, un dojo, des espaces de balnéothérapie, une salle dédiée à la boccia, des espaces de musculation ainsi que des installations pour le tir à l’arc.Implanté à Bobigny, en Seine-Saint-Denis, cet équipement représente un cas particulièrement intéressant pour les collectivités locales souhaitant structurer une politique sportive durable, inclusive et territorialisée.L’inclusion comme principe structurant du projetLe PRISME constitue l’un des premiers équipements européens conçus selon une logique d’accessibilité universelle complète, intégrant dès la phase de programmation les besoins sensoriels, cognitifs et moteurs des usagers.Sa conception repose notamment sur :• une accessibilité adaptée à une grande diversité de situations de handicap• des dispositifs lumineux pensés pour les troubles cognitifs• des espaces de retrait sensoriel• des parcours de circulation universelsCette approche dépasse la simple mise en conformité réglementaire pour s’inscrire dans une véritable logique de design inclusif dès la conception.Une gouvernance partenariale exemplaireLe PRISME illustre également une méthode de programmation intéressante pour les collectivités : la co-construction. Plus de 200 associations, clubs parasportifs et établissements médico-sociaux ont été associés à la définition du projet en amont de sa réalisation.Cette démarche permet :• d’anticiper les usages réels• d’améliorer l’appropriation par les acteurs locaux• de sécuriser la fréquentation future• de renforcer la légitimité politique du projetUn équipement héritage au service du territoireAu-delà de son rôle olympique, le PRISME a été conçu comme un équipement structurant pour l’après-Jeux. Il peut accueillir jusqu’à 18'000 pratiquants par mois, tous publics confondus.Cette logique d’héritage constitue aujourd’hui un standard international dans la planification des grandes infrastructures sportives. Elle repose sur une idée simple : un équipement sportif doit être pensé d’abord pour les habitants, puis pour l’événement.Dans cette perspective, plusieurs principes apparaissent déterminants pour les collectivités :• intégrer l’inclusion dès la programmation• articuler équipement sportif et politique sociale• associer les acteurs locaux en amont• penser les modalités d’exploitation avant la construction• inscrire l’équipement dans une stratégie territoriale globale
Un local autonome et connecté : vers une nouvelle génération d’équipements sportifs territoriaux
L’inauguration récente d’un espace sportif autonome et connecté par la Ville de Fribourg constitue un premier signal structurant pour les politiques publiques du sport. Ce type d’infrastructure, accessible en libre-service et piloté par des technologies intelligentes, traduit une évolution profonde du modèle d’équipement sportif local.
Politiques publiques et santé durable : Une innovation sociale
Parler de santé durable dans les politiques publiques du sport et de l’activité physique est une forme d’innovation sociale. La simple notion de sport se voit ainsi compléter par l’activité physique qui amène une notion de mouvement dans sa forme non-compétitive et la santé durable ouvre des perspectives en termes de bien-être et de qualité de vie.
Le sport et ses infrastructures sportives : les défis de la durabilité
Durant l’été 2022, la Municipalité de Morges a décidé de ne plus chauffer la piscine extérieure. À Sierre, l’ouverture de la patinoire a été retardée, la production de froid étant jugée excessive. En France, la ministre des sports a annoncé ne pas exclure l’interdiction de la tenue de matchs de football professionnel en soirée afin de limiter l’usage de l’éclairage des stades. De nombreux terrains de football n’étaient plus arrosés et certains matchs amateurs et professionnels ont été annulés en raison de l’état des pelouses. Le monde du sport, comme bien d’autres domaines, doit relever les défis posés par les changements climatiques et la crise énergétique que nous traversons.
Analyse des données de téléphonie mobile : un nouvel outil pour monitorer les impacts des événements
À l’heure où la Suisse entrevoit un potentiel dépôt de candidature pour des futurs Jeux Olympiques d’hiver, une multitude d’événements, d’une grandeur moindre, font partie intégrante du paysage sportif suisse dans le cadre des différentes stratégies d’accueil de manifestations des collectivités publiques. Au-delà de leur caractère festif et divertissant, ces manifestations revêtent une importance significative quant à leur impact sur divers aspects de la société.