Ecublens : une politique sportive et un poste de délégué-e au sport pour la mettre en oeuvre
Du plan stratégique à la mise en œuvre
La Ville d’Ecublens franchit une étape intéressante dans la structuration de sa politique sportive avec l’adoption de son Plan stratégique des sports 2026–2031. Au-delà d’une déclaration d’intention, la démarche repose sur trois axes : optimiser et développer les infrastructures, soutenir les clubs et les sportifs d’élite, et promouvoir le sport pour toutes et tous. Trente actions structurantes sont prévues progressivement jusqu’en 2031. La stratégie a été construite à partir d’une concertation avec les clubs, les services communaux, des partenaires externes et un panel représentatif de la population.
Cette approche illustre une évolution importante de l’action sportive locale : le sport n’est plus uniquement envisagé sous l’angle des équipements ou du soutien au mouvement associatif. Il devient un sujet transversal, en lien avec la santé, la cohésion sociale, l’intégration et la qualité de vie. Pour une commune d’environ 14’000 habitants, qui compte 16 clubs et de nombreuses infrastructures en libre accès, cette transversalité implique aussi une capacité de coordination adaptée.
Pourquoi créer un poste de délégué-e au sport ?
C’est précisément dans cette logique que la création d’un poste de Délégué-e au sport et à l’activité physique prend son sens. La fonction, rattachée au Service de la culture, de la jeunesse, des sports, de l’intégration et des églises, doit contribuer à définir et mettre en œuvre la politique sportive communale. Le mandat prévoit notamment la coordination des actions, le suivi des projets et le renforcement des collaborations internes et régionales.
Le choix est intéressant sur le plan de la gouvernance. Un plan stratégique peut fixer des priorités, mais sa réussite dépend ensuite de la capacité à les traduire en projets, à mobiliser les acteurs, à suivre les échéances et à mesurer les avancées. Le délégué constitue ainsi un point de convergence entre les orientations politiques, l’administration, les clubs, les partenaires et la population.
La fiche de poste met d’ailleurs en évidence un profil transversal : gestion de projets sportifs, connaissance du milieu associatif, promotion de l’activité physique, inclusivité, santé, infrastructures, fonctionnement institutionnel et capacité à fédérer. Le rôle dépasse donc la seule organisation d’activités ou de manifestations.
Une fonction de coordination plutôt qu’un rôle supplémentaire
Pour les collectivités, l’enjeu est moins de créer une strate administrative supplémentaire que de clarifier les responsabilités. Dans une politique sportive contemporaine, les sujets sont souvent répartis entre plusieurs services : infrastructures, jeunesse, santé, mobilité, espaces publics, communication ou vie associative. Sans coordination, les initiatives peuvent rester sectorisées.
Le positionnement d’Ecublens suggère au contraire une logique de transversalité. Le délégué peut contribuer à relier les projets entre eux, à identifier les complémentarités et à maintenir une continuité entre la stratégie et sa réalisation. Cette fonction peut également faciliter le dialogue avec les clubs, dont les besoins ne concernent pas uniquement les créneaux ou les équipements, mais aussi la gouvernance, le bénévolat, l’accès aux publics et l’évolution des pratiques.
Un signal pour les politiques sportives locales
L’intérêt de la démarche dépasse le seul cas d’Ecublens. De nombreuses communes disposent d’un tissu sportif important mais doivent aujourd’hui répondre à des attentes plus larges : développement de la pratique libre, accessibilité, vieillissement de la population, santé, inclusion, nouveaux usages des espaces publics ou encore optimisation des infrastructures.
Dans ce contexte, la formalisation d’une stratégie puis la création d’une fonction chargée de son déploiement constituent deux décisions complémentaires. La première donne un cap ; la seconde crée une capacité opérationnelle pour le suivre. La période 2026–2031 permettra surtout d’observer comment les 30 actions annoncées seront priorisées, pilotées et évaluées. Pour les élus et les services des sports, l’expérience d’Ecublens offre ainsi un cas concret à suivre : comment passer d’une politique sportive fondée sur des actions ponctuelles à une véritable politique publique structurée, coordonnée et inscrite dans la durée ?
Plan stratégique des sports 2026–2031 : https://www.ecublens.ch/images/stories/Greffe/documents/sport/Ecublens_sport_final.pdf
Image générée par IA via Google Gemini sur la base de https://www.ecublens.ch/images/stories/Greffe/documents/sport/Ecublens_sport_final.pdf